Sextant et Cadran Solaire
 

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Où il est question de sextant et de navigation.

Celui-ci est un sextant de cabotage. Il date du XIX° siècle. Je l’avais acheté à Mr Joubert, Capitaine dans la Marine à St Malo.

La loupe permet de mieux voir les graduations sur le vernier qui se lit un peu comme un pied à coulisse. Il faut se méfier à la lecture car c’est très petit.
Donc le sextant se compose d’une partie mobile qui s’appelle l’Alidade avec son grand miroir et sur le chassis du sextant il y a l’arc de cercle gradué de 0° à 120° et c’est sur cet arc, le limbe, qu’on doit lire la hauteur. Il y a un petit miroir en face, qui est fixe. Avec la lunette ou le viseur, comme sur ce sextant de cabotage, on vise l’horizon, et par une manœuvre de l’Alidade, on amène le soleil ou une étoile sur l’horizon.

On arrive à lire à une demi-minute près en général. Minute et seconde étant dans ce cas des subdivisions de degrés.
Il y a ensuite des calculs à faire à l’aide du chronomètre, bien sûr, pour avoir une heure très précise à l’aide d’un livre, éphéméride nautique reédité chaque année à l’époque, qui donne la position du soleil ou des étoiles. On obtient ainsi une « droite de hauteur ». Il s’agit d’un triangle où se trouve le pôle , le lieu sur lequel on est placé sur la sphère et la projection d’un arc sur cette sphère. Pour mieux comprendre, on situe l’observateur comme s’il était au centre de la Terre. C’est donc comme un triangle sphérique. Donc 90° moins la hauteur du triangle, on a une hauteur estimée de l’endroit où on se trouvait à ce moment-là.
 
Cela fait une différence entre là où on suppose être et la réalité. Si on a trois observations en même temps, ce qui est possible avec des étoiles, à condition de faire ça le matin au lever ou le soir au coucher pour voir à la fois ces étoiles et distinguer l’horizon, on a ainsi trois droites qui devraient se couper au même endroit, mais ce n’est jamais le cas. Sur la carte, on obtient un petit triangle qu’on appelle le triangle d’incertitude et l’on s’estime au centre de ce triangle. Si « l’horizon » est bon, ce triangle est petit, mais il y a parfois du « mirage » ou « faux horizon ». Quand l’horizon est correct, cela donne d’assez bons résultats.
 
Je me rappelle le dernier voyage que j’ai fait sur l’Amérique, en 1951 sur l’Oradour. Nous revenions de Baltimore. C’était en hiver. D’habitude les Libertys* mettaient 14 à 15 jours de Baltimore à Philadelphie pour faire la traversée. Nous, nous avions mis 19 jours : pas d’étoiles, pas de soleil, rien du tout, sauf un jour avant l’arrivée où j’avais réussi à faire ce qu’on appelle la « méridienne », un autre calcul avec le soleil, quand il passe à midi au méridien, toujours avec le sextant, calcul très simple qui permet d’avoir la latitude, mais on n’a pas la longitude. En sachant en latitude où l’on était « placé », cela nous a permis quand même d’arriver à La Pallice, au dessus de La Rochelle, avec une erreur de seulement 1,7 miles sur les prévisions. C’était quand même pas mal.

Bien sûr, maintenant avec les radars et les GPS, c’est beaucoup plus précis.

On n’utilise plus le sextant depuis qu’il y a le GPS. Sur le dernier bateau que « j’ai fait » en 77/78, nous n’avions pas le GPS. Il y avait des systèmes de navigation comme le Loran, le Decca ou je ne sais plus trop quoi.
Au Japon, on nous en avait mis un, mais il ne marchait plus ! Il n’a jamais marché, si bien qu’on a eu recours au sextant pour le voyage.

Je vais vous faire voir une carte de navigation qui nous a servi du Japon jusqu’à Singapour et que j’ai toujours, là…

 

Jean MARTIN

* Liberty pour « Liberty Ship » : voir la page « Oradour ».

 

Petite note concernant le montage photo ci-dessus. Le fond représente le port de Marseille vu de "La Bonne Mère". Le sextant appartient à Jean Martin, il figure déjà dans la page "Galerie Maritime" qui lui est consacrée. Mais c'est surtout pour préciser que le cadran solaire est une de ses réalisations, que je me permet ce commentaire. Il trône sur sa terrasse, face à la Mer.
 
Ad Hoc

Je sais, c'est un peu facile mais je n'ai pu résister.

Hergé ne m'en voudra pas d'avoir légèrement modifié le texte de la bulle ! Précisons toutefois que Jean Martin n'a rien de commun avec le célèbre ami de Tintin. Il serait même plutôt son contraire.

L'image est juste là pour montrer un sextant en pleine action !

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