Dans ce petit récit, il est encore question du " M/S Christine " ( transport de cirques : voir Circus Maritimus ). A croire que ce cargo est prédestiné à des missions spéciales, si authentiques soient-elles, mais avec une saveur toute Marseillaise. Pour la petite histoire, ce n'est pas Jean Martin, le commandant du Christine, qui m'a spontanément rapporté celle-ci, mais Michel Pelé - webmaster du site de l'UIM - qui un jour, comme un clin d'oeil, me dit : " Jean vous a-t-il raconté sa pêche miraculeuse dans le port de la Joliette ?..."

La voici !

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M/S Christine à la pêche

EXTRAIT D'UN RAPPORT DE MER...
 
Si tout le monde connaît  l'histoire de " la sardine " ayant bouché jadis le port de Marseille, certains de nos amis lecteurs n'ont peut être pas su l'étonnante et pourtant vérédique aventure survenue récemment au M/S «Christine» dans le bassin de la Joliette.
Pour les en informer, je ne puis mieux faire que de leur communiquer un extrait de mon rapport de mer dûment affirmé, en y joignant une des nombreuses photographies prises immédiatement par les multiples reporters locaux et transmises sans délai à tous les grands quotidiens "in the World".

« Je soussigné, MARTIN Jean, Capitaine du M/S «Christine» de 816 tx de jauge brute, immatriculé à Marseille, appartenant à l'ARMEMENT BERENGIER ET CIE dont le Siège Social est sis à Marseille, 69, rue de la République, certifie ce qui suit :
Terminé le déchargement des primeurs à la Joliette, le 10 mars 1959, à 9 h. 20. A 9 h. 30, pilote à bord pour mouvement du poste 95 au 66. Appareillé du poste 95 à 9 h. 35 après avoir pris toutes dispositions pour effectuer la manoeuvre sur bâbord. Une violente rafale de vents de N.-E. survient au cours de cette manoeuvre et nous oblige à mouiller un maillon à tribord pour empêcher l'avant du navire de tomber sous le vent. Effectué l'évitage, la barre toute à gauche, machine en avant lente puis commencé à virer la chaîne. Le guindeau vire au ralenti et force anormalement. Réussi cependant à déraper à 9 h. 55. Lorsque l'ancre est haute, le Second Capitaine signale qu'un véhicule automobile y est solidement accroché. Avons continué notre manoeuvre et accosté sans autre incident au poste 66 à 10h30.
Tel est mon rapport sincère et véridique que je me réserve, Bonne Mère !
le droit d'amplifier si besoin est. »


Fait à Marseille, le 10 mars 1959.
Le Capitaine MARTIN

C'est donc tribord à quai et 203 en pendant que le M/S «Christine» accosta au poste 66 où les Autorités Portuaires alertées ainsi que les Pompiers se trouvaient réunis pour les constatations d'usage et les dispositions à prendre pour décrocher ce véhicule pendu comme un quartier de boeuf au flanc de mon navire. L'opération fut rapidement menée et la «Peugeot» fut affalée sur un ponton des Ponts et Chaussées, en attendant l'autopsie de la carcasse protégée d'un rugueux manteau de coquillages à faire rêver toutes les vendeuses de la rue Fortia.
Alors que nos rues et boulevards sont encombrés de véhicules en marche ou en « ventouse », alors que nos places disparaissent sous les carrosseries étincelantes, alors que les trottoirs se louent au mètre linéaire pour stationner, quel magnifique parking ferait la baie de Marseille où le M/S « Christine » pourrait utilement faciliter les opérations de garage des véhicules et leur mise à la disposition des usagers !


Il a fait maintenant ses preuves et malgré ses 816 tonneaux de jauge brute, reste le premier à avoir effectué à Marseille cette sorte de pêche, ne retardant son mouvement que de 18' 23".

Le concours reste ouvert, même catégorie.
Qui dit mieux ?
 
Cdt Jean MARTIN.

Christine, Perregaux et Cie Automobile !
 
 
Que les prétendants à un tel challenge n'hésitent pas à se faire connaître, nous éditerons pour eux une médaille spéciale à leur effigie sur le présent site. Bon vent.