Le Mystère des Voix Bulgares

Bulgarie for ever

La BULGARIE, jeune démocratie qui a passé sa vie sous toutes les dominations possibles : grecques, romaines, bysantines, ottomanes, russes et j'en oublie. J'oublie surtout de vous dire que les raisons de mon séjour là-bas n'ont rien à voir avec cette Histoire d'envahisseurs, bien que j'y sois extrêmement sensible.

Peu de temps avant mon "Chabate" (année sabbatique !...), j'avais vu un clip à la télé accompagné d'une voix de l'au-delà, une voix de femme, emplie de nostalgie, de douleur et surtout d'une grande émotion. Je suis resté sidéré. En appelant la chaîne TV pour obtenir la source de ce chant incroyable, une voix sympathique me répondit simplement : "C'est Le Mystère des Voix Bulgares" !!! Tout aussi aimablement, je demande à la jeune standardiste si elle n'est pas en train de m'envoyer paître avec plus ou moins de délicatesse. "Mais non monsieur, c'est bien le titre du disque".

Sacrebleu ! Je me précipite à la "Fenac" pour acquérir cette rareté. Une révélation. Des voix "a capella" aux sonorités bizarres à la première approche, envoûtantes à la deuxième, divines à la troisième et suivantes...

Et des suivantes, il y en a eu tant durant mon année en Terre Sainte, casque rivé aux oreilles, que je me suis mis en tête de rencontrer ces femmes qui chantent Dieu, ses anges et les saints. En fait, il s'agit le plus souvent de chants de la vie quotidienne, pour illuminer le dur travail de la terre.

C'est en 93 que je décide un détour par la Bulgarie, durant l'été. La saison choisie restera une petite erreur. On n'en est plus à une près ! Dans ces pays de l'Est, un atout s'avère rapidement majeur, la vie y est dix fois moins chère qu'en France. Cela permet de s'organiser un circuit à peu de frais dans les meilleures conditions. En effet, je commence à prendre de l'âge et le sac à dos ne sort plus que le week-end, dans les calanques !

Seulement voila, le groupe " Le Mystère des Voix Bulgares" est en tournée internationale ! Dieu merci, une foultitude d'autres groupes aussi talentueux existent dans tout le pays.

Et je ne tarde pas à en rencontrer un, lors d'une soirée dans une des nombreuses tavernes chaleureuses et conviviales que l'on trouve un peu partout ici. L'ambiance est d'une rare authenticité. Vers la fin du spectacle, chanteuses-danseuses et musiciens vous entraînent dans leur sarabande, et on est bien loin de la "danse des canards", anesthésiant délibéré pour la population française par des médias aussi débiles que ceux qu'ils embarquent dans ce lavage de cerveau programmé pour annihiler la Culture.

A plusieurs reprises lors de ces "farandoles", je me suis débrouillé pour tenir dans chaque main celle d'une de ces fabuleuses Bulgares, en costume traditionnel et dont le sourire n'a rien de commercial. Un pur bonheur sans arrières pensées d'aucune sorte car je vous vois venir ! Ce qui est extraordinaire lorsque votre oreille commence à entendre certaines subtilités d'un chant à l'autre, c'est que chaque région de Bulgarie est "influencée" par la culture du pays limitrophe : Grèce, Turquie, Roumanie... et même par d'autres origines orientales plus difficiles à déterminer.

Cet art lyrique est transmis oralement de mère en fille, dit-on, et ces femmes donnent l'impression d'être nées en chantant. Il ne semble pas y avoir de "vedettes" mais seulement un trio, quatuor ou un groupe plus important qui s'unit et communie. Ce qui peut apparaître comme dissonance de prime abord pour notre oreille "occidentale" devient assez vite un miracle d'harmonie. Une des chanteuses tient la note pour le reste du groupe qui vagabonde dans des univers polyphoniques inconnus.

Oh... un petit intermède, si l'on peut dire. Dans un chic hôtel de Sofia, après une journée de visites sensées doper mon niveau culturel, icônes, architectures orthodoxes et spécialités bulgares, je m'accorde une soirée au night-club de l'établissement. Spectacle de prestidigitation, d'acrobates et surtout de danseuses en tenues transparentes mais très "classieuses". J'ai l'impression que l'une d'entre elles me regarde de temps en temps, mais dans la lumière tamisée, je ne suis pas sûr. C'est après le show, en jean's et tee-shirt près du bar, qu'elle m'invite à prendre une vodka avec elle, dans le langage des sourds car je ne comprends rien de ce qu'elle me dit. C'est du russe ! Grâce au barman qui sert de traducteur, je réalise qu'elle est Ukrainienne et qu'elle me trouve à son goût ! Pour ce que nous avons à faire, le langage est international ! Elle est divine... et pudique, tout ce qu'il faut pour rendre une nuit "magique".

Je vous épargne la visite des nombreux monastères, et des merveilleuses icônes que l'on découvre dans ce pays peu touristique à l'époque. J'ai été comblé durant ce séjour d'une petite quinzaine, mais rappelons-nous que notre Dieu universel envoit toujours un petit message du genre "Attention pépère, ne sois jamais trop sûr de toi". Il a raison, les impondérables... c'est Lui et Lui seul ! L'avion du retour a avalé une oie ou un canard par un des réacteurs ! Atterrissage forcé à Bucarest . C'est bien ! On a vu un petit bout de Roumanie : une salle d'aéroport de la ville de Bucarest ! Tout de même, je ne peux m'empêcher de repenser à ce malheureux volatile qui n'a pu tranquillement finir dans un four à chaleur tournante !...

Ne pouvant décemment terminer sur une telle constatation, je vous invite à découvrir ce peuple aux multiples ethnies, d'une richesse culturelle peu apparente car le tourisme n'est pas opérationnel (ce dont je ne me plaindrai jamais) et dont la démocratie trop "fraîche" rend les gens inquiets et démunis face à cette "chose" qu'ils n'ont jamais connue. J'en parle dix ans après et j'espère que cela a bien évolué.

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